La vanité de la nomenclature et autres écrits de jeunesse de Jean Piaget |
Annexe IIILettre de Piaget aux Amis de la Nature Lettre de Jean Piaget au Club des Amis de la Nature, 25 septembre 1915. Correspondance, lettre n° 371. Leysin, le 25 Sept. 1915 Au club des Amis de la Nature pour son anniversaire Mes bien chers amis, Voilà que s'approche le 28 Sept[embre], date à jamais sacrée pour tout Ami de la Nature et je pense de loin à la belle soirée que vous allez passer à la lueur des flambeaux, sous la vieille pierre qui, année après année, assiste aux progrès du club et au baptême des jeunes.[1] J'y pense parce qu'absent je suis resté vous n'en doutez pas, je l'espère parmi vous de coeur et hélas, il faut l'avouer, parce qu'à sonné l'heure de ma démission. Jeunes qui êtes là réunis, écoutez les demandes d'un vieux qui s'en va, le plus vieux des actifs, qui, avant d'être relegué per cendribus, aimerait à dire ce qu'il a vu et senti. Cinq bonnes années j'ai vécu dans le club, j'ai gouté ses joies et trempé dans ses fautes et maintenant, que je repasse ce temps, croyez que seules sont vivantes pour moi ces heures d'amitié pleines de camaraderie intime et continue. Les heures de travail sec et pur se sont envolées, seul subsiste le reste. Et croyez le, rien n'est plus pénible à un vieux qui s'en va que de n'avoir pas assez fait pour cette amitié, car là seul est le but du club. Ne criez pas au blasphème, je ne méprise pas votre science, notre science (car je suis encore à vous), je dis que cette science résulte de l'amitié et non pas le contraire. Aimez vous, voyez vous souvent, (2) après les séances, le samedi soir, aux courses, surtout, ordinaires ou non, et alors seront gagnés à l'étude ceux que barbent les pédants. Voilà, je n'ai rien à ajouter, car dans ce seul fait consiste une expérience heureuse /ou/ et pénible t[ou]t à la fois, de 5 années: que cette soirée mette en chacun ce feu sacré collectif qui seul fera vivre le club. Qu'il vive! Jean Piaget dit Tardieu. ex tout ex Prés. Loclat. ex Prés. Crapaud P.S. Je suis forcé par la maladie de vous demander cette démission à laquelle j'ai fait allusion. Vous savez ce qu'il m'en coûte! Envoyez moi la note des Coti en retard, par remboursement, si vous êtes pressés, sinon je réglerai dans un mois /quand je/ en passant q[uel]ques jours à Neuchâtel.[2] Footnotes:
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| Last Update: 30 June 1999 © 1999 Fernando Vidal, The Jean Piaget Society |
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